On ne fait pas son deuil, c’est le deuil qui nous fait

J’ai entendu parler du dernier livre de Michel Onfray qui s’intitule « Cosmos ». Je ne sais pourquoi j’ai ressenti le besoin de faire des recherches pour savoir quel en était le sujet. Et là internet m’a amenée à cette vidéo . Michel Onfray commençait par y parler de la mort de son père, l’amenant à une réflexion plus générale sur la mort et le deuil. Je l’ai trouvé tellement interessante que j’ai retranscris ci-dessous un extrait pour vous :

« Je n’aime pas beaucoup cette expression « faire son deuil » et j’ai dit qu’on ne faisait jamais son deuil, c’est le deuil qui nous fait. Ca n’a aucun sens d’expliquer comment les choses se passent. IL y a des gens qui expliquent ce que c’est que faire son deuil, ils vous donnent des semaines, des mois. On vous dit «  c’est normal », au bout d’un certain temps on passe à ceci, puis on se révolte, puis on accepte.

Ca c’est une perversion de la philosophie idéaliste. La mort ça n’existe pas. Il n’y a que des morts, des morts subjectives, des morts particulières. Ce n’est pas la même chose de parler de la mort d’un voisin, ou la mort d’un parent, d’un enfant ou d’un centenaire… Et pourtant c’est la mort. Alors est-ce qu’on peut vraiment théoriser sur la mort puisque la mort ne veut rien dire, c’est une idée presque. Nous ne devons faire qu’avec cette mort plutôt qu’avec La mort. Voilà pourquoi on doit faire avec.

Et voilà pourquoi tous les philosophes qui ont écrit sur la mort ne sont pas convaincants.

(…)

25 siècles de philo déçoivent. Une pensée doit être utile, efficace le jour où on est soi-même dans le deuil, on doit pouvoir ouvrir un livre et se dire il a raison; et pourtant ca ne marche pas. Ca marche un peu mais pas complètement.

La on se dit qu’on ne fait pas son deuil avec des techniques ni philosophiques, ni psychologiques ou psychologisantes ; On le fait parce que dans son histoire, avec la personne que l’on a perdu et pas une autre, il va falloir se demander ce qu’est non pas La mort, mais la mort de celui qu’on a perdu. Il s’agit de transformer une catastrophe en fidélité. « Faire son deuil », dans le sens utilisé, donne l’impression que c’est faire avec, composer. Je propose autre chose en disant que le deuil doit nous faire car il s’agit de faire de cette catastrophe, quelque chose comme étant une chance de vivre. Il s’agit donc d’être fidèle aux principes de ceux qu’on a aimé. C’est la seule façon pour un athée d’envisager les choses en se disant que celui qui aura transmis un certain nombres de valeurs,  dure d’une certaine manière tant qu’on incarne soi-même ces propres valeurs. »

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