L’ultime adieu

 

« Je me retrouvais dans cette église bondée et je me demandais ce que je faisais là.

Jamais je n’aurai pu penser le samedi précédent que celui qui suivrait viendrait ponctuer d’un point noir la fin de la vie de Bernard, la fin de notre vie de couple, la fin de notre vie de famille à quatre.

 

J’étais là dans cette église, noire…de monde, de tristesse, d’incompréhension et d’injustice. J’étais vivante mais j’étais morte de peur.

 

La messe prenait fin et les notes de musique de la chanson «  nine millions of bicycle » ont commencé leur envol. Elles étaient légères, fraîches, apaisantes. Une âme s’envolait… Je suivais le cercueil, mes fils de chaque côté de moi. Je savais tous les regards fixés sur nous. Ma fierté faisait écran au halo de compassion que je recevais. J’avançais, droite, alors que ma vie vacillait. J’entourais de mes bras chacun de mes fils. Je sentais la main de ma mère posée sur mon épaule. L’instinct maternel assurait de sa protection la descendance. J’avançais fière de ce que nous avions construit, je savais que je poursuivrai dans la même lignée. Notre famille n’était pas morte, nous étions bien vivants et nous continuerions à l’être, forts de l’amour de Bernard. La musique s’éteignit sur ces paroles «there are nine million bicycles in Beijing and you know that I will love you till I die ».

 

Puis vint la scène du cimetière. Le soleil mettait encore une fois en lumière surexposée cet épisode. Il nous donnait une impression de chaleur…alors que mon cœur était glacé.

Que faisais-je dans ce cimetière à enterrer mon mari qui n’avait que 41 ans ? Comment aurais-je pu imaginer une semaine avant que nous vivions nos dernières heures ensemble ?

 

Chaque heure vécue est un cadeau tellement précieux, un présent instantané qu’il faut savourer. Vivre pleinement l’instant présent, c’est le seul pouvoir que l’on ait sur la vie. On a certes le pouvoir de faire des projets mais aucunement celui de leur réalisation certaine.

Il faut vivre les heures qui nous sont données comme si elles étaient les dernières, le temps est un trésor qui s’épuise. Inutile de courir après ou de vouloir le rattraper. Mettre plus de vie dans ce temps dont nul ne sait combien il durera, là est notre puissance. Mettre toute notre énergie à vivre avec intensité. »

 

Je vous livre un extrait de mon récit « Un papillon a caressé mon coeur » qui est à ce jour à la recherche d’un éditeur.

 

2 commentaires

  1. merci pour votre recit ou je me retrouve…mon mari est parti subitement d’un accident de moto a 49 ans…le week end precedent avait ete magnifique, normal en fait, une ballade comme on aimait les faire, des photos…les dernieres…comment s’imaginer que c’etait les dernieres… nos chemins se ressemblent tous, nous avons tous les memes sentments quand un etre cher nous quitte, et l’on continue en hommage a notre amour et pour ceux qui restent, en l’occurence les enfants

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